Robert Plant & Sensational Space Shifters – 23/07/18, Paris, Salle Pleyel

Pourquoi faire si court quand on fait si bon ?!

Ah le voilà le Robert ! D’après lui, notre seule chance de voir Led Zep réuni c’est dans une friterie, mais voir le célèbre chanteur n’est pas sans intérêt.

C’est ma première et je dois avouer que même si le nom Plant suffit à satisfaire l’assistance, j’étais en attente ardue. L’album sorti l’année dernière était une vraie réussite et lier un très bon album avec une des plus belles voix du rock dans une des meilleures salles acoustiquement parlant s’annonçait folichon.


Fraîchement (euphémisme) atterrie dans l’après-midi d’Italie ; j’enfile mes baskets au détriment des sandalettes, et je file pour la rue du Faubourg St Martin. Il y a une petite foule dehors, mais avec la chaleur, la plupart du monde est entassé au bar du rez de chaussé. Je pensais être en retard pour la 1ere partie, assurée par Seth Lakeman et…ce fût le cas. Ce dernier avait commencé son set depuis 5 min, sobrement accompagné par son violon et une pédale de percussion. Le son est clair, juste parfait. La prestation quant à elle me laisse perplexe. Les chanteurs à la belle gueule et aux petites chansonnettes pop-celtiques ont tendance à m’ennuyer, bien que j’avais adoré son titre The Courrier (pas joué ce soir). Seth Lakeman « s’enflammera » à la fin (très gentiment) en chantant plus de 5 min un titre sans micro et en chuchotant. La foule s’extasie, moi je m’emmerde à entendre les mouches voler.


Le temps passe, 5-10-15 min de retard, les vraies stars savent se faire désirer. 21H45 donc, la salle plonge dans l’obscurité et des sons africains font trembler les sièges. Une introduction haute en couleur qui met en avant des percussions ensoleillées mais bercées d’ un ton grave accablé par des images d’Amérindiens résistants. Ce contraste sera le leitmotiv de la soirée, à savoir des versions entièrement revues, dans des styles à la fois orientaux, rock, trip-hop. Bref, le magicien du Zeppelin est devenu l’orchestre des musiques du monde.

Robert Plant ne change pas tant que ça. Même gestuelle, même position de jambes, même tignasse (un peu moins volumineuse, certes, et un peu plus grise), même tambourin (même slip?) et surtout même voix. Il a mis du temps à nous l’offrir, laissant monter la sauce avec 3 titres avant d’entamer le célèbre Black Dog de Led Zep et de laisser ses vocalises faire le reste. La puissance des aiguës, il n’a rien perdu de sa superbe et la foule, connaisseuse, lui rend parfaitement. L’orchestration est monumentale, l’acoustique millimétrée, rien ne semble perturber un tel show tant dans sa qualité musicale que vocale. Je ne vois pas les minutes défiler, chaque titre est arrangé voire modifié comme un de ses derniers, Carry Fire, revêtu de l’habit du pays de Saba. Véritable B.O des milles et une nuit, ce soir nos yeux scintillent, fixés sur notre hôte qui dégage une prestance naturellement classe. Robert Plant aime parler entre les titres, c’est rapide mais pertinent. Il a de l’humour et le fait partager. L’ensemble de la setlist est parfaitement calibré et cohérent, puissance et génie autant dans les arrangements que sur la nappe mélodique, c’est du grand art et on en redemande. Pas besoin de bouchons d’oreilles et pourtant ça explose.

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qualité Iphone acte I….on adore.

Sur scène, ils sont 6 voire 7 lorsque Seth Lakeman les retrouve au violon (et qui était présent lors de l’enregistrement du dernier album de Robert Plant). Ça déboîte, chacun aura son moment de plaisir en solo et l’ensemble reste complice créant ainsi une seule entité. Les Sensational Space Shifters sont composés de :

  • Justin Adams : guitare
  • Liam « Skin » Tyson : guitare
  • John Baggott : claviers
  • Billy Fuller : basse
  • Dave Smith : batterie

Le décor reste simple, de beaux jeux de lumières cadencés à un écran géant sans grande poussée artistique visuellement parlant. Côté technique, le seul regret est l’utilisation excessive d’effets reverb’ sur la voix de Plant mettant le doute sur le naturel de l’homme à encore pouvoir envoyer les décibels. Il peut s’en passer et moi aussi, surtout que le côté « écho d’église » ne brille pas avec le palais d’Orient.

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Je n’ai pas acheté d’appareil photo pendant le rappel, donc qualité Iphone acte II

Au bout d’un peu plus d’une heure, il faut déjà compter sur le rappel (?!) avant de clôturer le tout à 23h. Robert Plant expliquera que Pleyel, bien qu’il adore cette salle, fasse partie de celle qui ont un couvre-feu. Mouais-mouais, Paris ville des lumières ou plutôt Paris, ville des lève-tôt ? 1H20 de concert et pouf, envolé le p’tit Robert ! La troupe est arrivée en retard, on nous sucre un titre par rapport aux autres setlist et c’est tout ? On venait tout juste de commencer la soirée et de s’enflammer une énième fois sur une nouvelle reprise de Led Zep que le tout est retombé comme un soufflet au fromage, plus plat qu’un croque-monsieur, une sorte de ballon dirigeable troué ! De plus, la setlist ne comportant que 12 titres fait la part belle aux reprises (75%) et trop peu au dernier album avec 3 titres, je m’attendais vraiment à une deuxième partie de set bien différente. Alors oui, bien sur, je suis ravie d’avoir eu des chansons de Led Zeppelin et pour être honnête je ne pensais même pas en entendre une et les versions étaient bacchanales (de Bacchus, donne l’envie de faire la fête avec du bon vin…je le place là, comme ça en soirée mondaine ça pourrait vous être utile), mais j’aurais bien voulu entendre plus de compositions de l’artiste, comme Bones Of Saints.

Je vous laisse 2 de mes vidéos ci-dessous car, autant l’image du téléphone est nulle, autant la qualité audio n’est pas trop mal. #cotisezvousachetezmoiuntelephone


Vidéos :


Setlist :

  • New World…
  • Turn It Up
  •  The May Queen
  • Black Dog (Led Zeppelin)
  • The Rain Song (Led Zeppelin)
  • Please Read the Letter (Jimmy Page & Robert Plant)
  • Gallows Pole
  • Carry Fire
  • Babe, I’m Gonna Leave You (Joan Baez)
  • Little Maggie
  • Fixin’ to Die (Bukka White)
  • Bring It On Home – Whole Lotta Love – Santianna (Led Zeppelin)

Une réflexion sur “Robert Plant & Sensational Space Shifters – 23/07/18, Paris, Salle Pleyel

  1. ouah Melissa, j’étais là avec mon mari et on on aurait enfin pu faire connaissance !!!!
    Moi aussi j’ai trouvé la 1ere partie trop complaisante autour de ce jeune et joli violoniste… surtout pur le redécouvrir ensuite au milieu du groupe. J’aurais bien fait sauter plusieurs de ses titres pour avoir une rallonge de Robert et les Sensational…

    Pour moi, ce fut un grand moment. Genre quand tu as peut-être vu Depeche Mode la 1ere fois dans ta vie. Moi, je voyais The Robert Plant ! La « moitié » (un quart, ok mais qd même) de Led Zep !!!!
    J’ai adoré sa prestance, sa voix, son charisme toujours présent, sa complicité avec le band.
    J’ai adoré les nouveaux arrangements, les morceaux des Sensational Space Shifters, et succombé à celles de Led Zep.
    Oui ça s’est fini un peu tôt… mais zut je me pince encore d’avoir vu Robert Plant live ! Le meilleur jour de cette moitié d’année !

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