Hellfest Warm-up – 29/04/19, Tours, LTM

« Si tu ne viens pas au Hellfest, le Hellfest viendra à toi »

La tournée warm-up du Hellfest, qu’est-ce que c’est ? On pourrait se demander l’intérêt d’une telle com’ alors que le festival vend ses 55 000 pass 3 jours en quelques heures. Il y a quelques années, le warm-up posait ses valises à Tours pour promouvoir le festival, mais aujourd’hui, c’est pour donner l’occasion aux malchanceux de la billetterie d’avoir un petit gout du paradis voire mieux, gagner son pass. C’est donc à travers 14 villes que le bus de l’enfer a sillonné les routes avec à son bord des groupes, son staff et une belle déco.

Tours étant l’avant dernière date de cette mini-tournée promotionnelle, tout ce petit monde était bien regonflé à bloc pour offrir une soirée d’exception aux passionnés de musiques extrêmes. Il y a déjà foule bien avant l’ouverture prévue à 19h30. A l’intérieur, Le Temps Machine est aux couleurs du Hellfest avec ses 2 salles et son espace de vie central mis à disposition.


Atmosphère :

La première salle intègre un merchandising officiel dédié au Warmup avec casquettes, T shirt, culottes, vestes en jeans sans manche, patch … ainsi qu’un merch pour les groupes présents ce soir. La buvette quant à elle revêt un mur de gobelets « warm-up » offert par l’organisation. Sur la scène simplement habillée d’un drap « Hellfest », un animateur du Crew survolté incitera tous les nouveaux arrivants à s’inscrire aux battles d’Air guitar.

Dans le hall, c’est un photographe qui vous attendait pour immortaliser la soirée devant un panneau reprenant les « suiveurs » du court-métrage promo de l’édition 2019 (à voir si pas encore visionné). Face à lui, quelques photos extraites du court métrage avec la combinaison blanche, histoire de bien remettre le concept au cœur de l’édition à venir.

Enfin, la salle principale quant à elle allait être dédiée aux 3 concerts. Surplombée d’un superbe écran géant aux couleurs du festival, il ne manquait plus que la foule pour asseoir le succès de la soirée déjà annoncé.

Vous l’aurez compris, l’équipe de Ben Barbaud n’a rien laissé au hasard et a tout conçu pour que le public se sente dans un mini Hellfest. Le contraire aurait été surprenant voire décevant, connaissant la machine qu’est aujourd’hui l’un des plus grands festivals de France. Pas de tartine de l’enfer cela dit mais d’excellentes petites tartes du Court-Circuit tourangeau. Oui, important à souligner, la bouffe est au Metal ce que la bière est au festival.

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Le déroulé :

La soirée commence par une manche d’Air Guitar. Le concours, sur inscription le soir même était limité à 15 participants répartis en 4 manches, alternées avec les concerts. Le gagnant de chaque manche se voyait remettre un pass 3 jour et le/la gagnante (à savoir ici, une gagnante) des 4 manches aura l’honneur de représenter sa ville lors du Festival, ainsi qu’un pass 2020. Le choix des titres était à faire sur une liste déjà complétée par l’organisation et autant dire que ce fut éclectique : AC/DC, Judas Priest, Rage Against The Machine, Slipknot, Slayer… L’animateur très en forme ne s’interdira aucune plaisanterie sur les candidats, autant ne pas être susceptible… Pour les perdants, un préservatif « Hellfest » était tout de même offert 😉

 

 

Libre à chacun d’aller se faire tirer le portrait dans le hall principal tout au long de la soirée par un photographe professionnel, avec des lots et goodies à gagner. Possibilité d’imprimer sur place sa photo et de se l’envoyer par mail (gratuitement).

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On n’a rien gagné mais on a un souvenir

En fin de soirée, avant le passage de Dagoba et après la dernière manche d’Air Guitar, le festival a projeté sur l’écran géant et en exclusivité, une vidéo rétrospective de l’édition 2018 d’environ 7min. Pour certains, exultation « dans 50 jours on y est !!! », pour les autres « put*** ça à l’air tellement énorme ». La diffusion sera clôturée par un membre de la CREW rappelant que les officiels nous attendaient à la fin de la soirée pour échanger, se faire engueuler, et offrir une bière, se voulant dans la proximité, à l’image du Warm-up et de la devise « festival pour les fans fait par des fans »


Les groupes :

En dehors des animations, on était aussi là pour pogoter ! C’est donc Aro Ora, gagnants du MFest 2015, qui a ouvert le bal pour un set de 6 titres d’environ 30min. Cinq sur scène, la rythmique est excellente et le groupe forme un ensemble sans véritable personnalité mise en avant, si ce n’est le chanteur Baptiste Boudoux qui n’hésite pas à s’adresser au public. Aro Ora signifiant en Mahori « monde univers » est originaire de Tours et propose un Modern Metal où des sonorités spirituelles telles que des nappes de piano se mêlent à la puissance viscérale de la voix et des gros riffs. Cependant, avec un premier album sorti cette année après un EP en 2015, A/O ne propose pas de réelle nouveauté. Le style est parfaitement exécuté et la prestation sera des plus plaisante à écouter mais laissera une part de « non achevé ». Le groupe est communicatif, souriant et bien que l’audience soit assez réceptive à leurs compositions, l’énergie dégagée a du mal à transporter la foule. Il faudra attendre les 2 derniers morceaux pour voir enfin un sursaut et quelques timides pogos. Aro Ora enregistrera ce soir-là une captation live pour leur nouvel album demandant ainsi un accueil des plus enflammés qui lui sera rendu juste comme il faut.

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S’en suivra les Princesses Leya qui restait l’énigme du soir. Décrit comme un mix de Metal versus Pop acidulée alliant sketchs et parodies, le tout emmené par le comédien du Jamel Comedy Club Dédo, pouvait à la fois être casse-gueule ou une belle réussite. Le quatuor est tenu par Antoine Shumsky à la guitare/chant et Dédo au chant. L’un représente la petite pop à midinette tandis que le second voue un culte au Metal. Cheveux long versus crâne rasé, T-shirt noir de Ghost versus petite chemise à fleurs, qui fera pencher le public dans son camp ? Arrivés sur un générique familier des fans de Star Wars et une princesse Leya « squelettisée » à l’écran pour l’occasion, Dédo arrive en Dark Vador se nommant « prince des ténèbres », personnage qu’il incarne depuis quelques temps sur scène en solo (comme Han…trop facile). Ils sont accompagnés à la batterie par Xavier Gauduel et à la basse par Cléo Bigontina formant un ensemble atypique mais dont l’alchimie fonctionne à merveille. Les blagues du début, un peu graveleuses laissaient songeur mais passé le temps de chauffe, Princesses Leya déploya l’artillerie lourde avec de l’humour ciselé et grinçant. Le quatuor s’entend tellement qu’on ne sait plus si c’est prémédité ou si c’est de l’improvisation, sauf lors de la coupure micro accidentelle demandant un temps d’adaptation bien géré. Dédo maîtrise le chant Guttural et arrive à haranguer la foule avec des reprises de Céline Dion, Jain, Vianney…Le concept est simple donc : 4 acolytes qui n’ont rien en commun, si ce n’est l’amour de la musique et qui sauront se retrouver autour du Metal, qui n’est pas si violent. Dédo fera chanter le public à la Freddie Mercury en imitant un « chant de porc », nous fera danser sur du « Sabristein » à savoir un savant mélange de Sabrina et Rammstein pour le titre Balls Balls Balls et nous honorera d’un titre inédit, sobrement appelé « les ustensiles ». Premier Wall of Death de la soirée, lorsque Princesses Leya, inondé d’amour, demandera au public de se faire des bisous sur un Dirty Dancing féministe où le Wall Of Death sera un des plus beau de la soirée. Le tout est parfaitement orchestré, revisité, et bien qu’ils soient 4 sur scène, il faut saluer l’écran qui aide à la franche rigolade avec des passages comiques de clips-gags. Le groupe comico-metal-pop terminera sur le titre « tue tes parents » accompagné d’un membre de Dagoba, reprit à tue-tête par le public et prônant la libération et l’acceptation de soi. Dédo se tentera à un slam en demandant par avance « merci de ne pas me faire une Shym’ » avant de conclure sur la morale universelle du « on aime peut-être pas le même style mais on se retrouve tous autour des valeurs de la musique et que les Metaleux sont des putains de gens cool ». Que serait un concert sans rappel ? C’est sans compter sur Princesses Leya qui enchaînera 3 accords saturés avant de partir. Le rappel le plus court de l’histoire mais le groupe ne pouvait partir autrement que sur une vanne bien posée. L’assemblée rit, saute, pogote et je ne pensais pas un jour voir des Metaleux s’extasier devant le portrait de Céline Dion (oui oui, assumez un peu) ;). L’ambiance est au beau-fixe et le public espérera un dernier « vrai » rappel qui ne viendra finalement jamais. Timing millimétré pour l’organisation, on ne fait pas dans le sentiment. Le passage de Princesses Leya fut une vraie fraîcheur et contraste avec les habituels concerts, et rien que pour ça, on valide.

Capture

Enfin, c’est au tour de Dagoba d’entrer en scène. Les français n’ont plus vraiment à être présentés tant leur Death metal acéré, calibré pour la scène, reste une valeur sûre. Le groupe apporte toujours autant d’attention à leurs intros, agrémentées de sons tribaux et d’une balance sonore impeccable.  Les pieds de micros remplacés par des maillons de chaînes dénote un attrait certain pour le visuel apporté aux prestations live. Et que serait un concert de « grosses brutes » sans de la fumée ? Sur ce point, Dagoba en use et en abuse via des puits de fumée crachant leur souffle au fil des notes jugées « explosives ». Les Marseillais sont ravis d’être au sein de cette tournée Warm-up et sauront rappeler à plusieurs reprises, leur présence au Hellfest, vendredi 17h40 sur la Mainstage 2 (si vous n’aviez pas noté). Niveau ambiance, on sent que la bière a coulé et que les décibels ont grimpé. Circle Pit en veux-tu en voilà ainsi que des slams féminins atterrissant sur scène et encouragé par le groupe. Le bassiste sautera pour le final tandis que la scène sera occupée par le staff, Princesses Leya et Aro Ora, dans une sorte de festouille géante. Les Phocéens livrent un déchaînement de riffs saturés mêlés à une voix caverneuse dans un ensemble mélodique, absolument pas décharné. Nul besoin de s’aider de l’écran, la force de Dagoba réside dans ce qu’il produit musicalement et le coupler à des images farfelues seraient dénué de sens. C’est pur, juste et sincère, c’est pourquoi ils seront accompagnés d’images souvenirs des éditions précédentes du Hellfest, avec notamment, pour celles et ceux qui ont eu la chance d’y assister, LE wall of death mémorable de 2014. On appréciera les nouveaux morceaux qui se fondent parfaitement aux anciens, et on appréciera fortement l’apport de notes électro apportantt du relief, permettant de ne pas tourner en rond dans ce style bien maîtrisé. Certes, rien d’extravagant ou d’original mais Dagoba réalisera une prestation à l’image du warm-up : accessible et généreux.

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Fin de la soirée, on prend au mot l’organisateur et on va le rejoindre près du bus qui effectivement, nous attendait avec des bières 😉 et on compte les jours qui nous sépare du jour J : – 50


L’ambiance :

Le Metal, bien qu’il connote une certaine caste, reste hétérogène dans son public au niveau des âges et des sexes. Ce soir, au milieu des membres du hellfest Cult, barbes et tatouages, on croisera des hommes et des femmes allant de 10 à 65 ans, unis comme ils peuvent l’être au Hellfest à savoir des bisounours à l’apparence contraire. Que ce soit lors des pogo ou circle-pit, aucune violence à déplorer, juste de la joie et de la bonne entente entre passionnés, comme si ce fait devait encore et toujours être rappelé.

Le warm-up a réussi le pari d’amener un semblant de hellfest dans les villes et bien au-delà de ce festival, c’est toute une communauté qui vit et respire pour ce courant bien souvent décrié et pourtant partagé par un très grand nombre. On ne peut que remercier le Hellfest de perdurer la tradition des warm-up, d’offrir un événement à la hauteur de nos attentes et de s’être arrêté à Tours, ce qui n’était plus le cas depuis 2016. L’esprit Hellfest au-delà des frontières Clissonaises.

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Live report pour le Temps Machine et Hellfest, merci pour l’accréditation 😉


Bonus :

Warm-up en chiffres (2019) :

  • 14 villes avec 1 zénith
  • 14 000 spectateurs
  • 21 personnes du CREW
  • 200 candidats Air Guitar
  • 45 pass 3 jours à gagner

Le Hellfest en chiffres (2018) :

  • 21 hectares de site dédiés aux concerts
  • 22 ha dédiés aux campings et parking
  • 22 millions € d’investissement (5 millions € seront ré injecté dans l’édition 2019)
  • 159 groupes en 3 jours (10 groupes féminins)
  • 2 scènes les plus grandes d’Europe
  • 6 scènes au total
  • 180 000 festivaliers (200 000 avec la presse et la technique)
  • 75% des festivaliers étaient des hommes
  • 35 ans âge moyen
  • 1730 artistes et techniciens (en comptant les 30 groupes de la scène du Leclerc)
  • 1200 journalistes
  • 450 médias différents
  • 13 salariés temps plein
  • 4000 bénévoles
  • 200 tonnes de déchets valorisés
  • 15 000 l de fuel consommé pour les 2 mainstage (30 000 l sur l’ensemble du festival)
  • 392 450 l de bière (record)
  • 17 000 l de vin
  • 25 000 campeurs
  • 700 sanitaires et douches
  • 900 salariés (secouristes, intermittents…)
  • 11 litres de bières par Dessoifeur, soit 18 kg à porter sur le dos (relayé toutes les 2h)
  • 15 m, la plus haute statue érigée en l’honneur de Lemmy Kilmister avec un poids de 70 tonnes
  • 4 km de pipeline sous terre pour acheminer la bière
  • 40m, la hauteur de la grande roue
  • 300 m² dédié à l’espace Muscadet (bar + réserve)
  • 6 millions d’€, le chiffre des retombées économiques pour la ville de Clisson (étude réalisée en 2015)
  • 500€ c’est la somme dépensée en moyenne par festivalier (hors pass 3 jours)
  • 20 semi-remorques uniquement pour aménager les 2 nouveaux bars du site

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