Apholia / The Drafts – 06/12/19, Tours, LTM

Live report et ITW dans le cadre des soirées TACKT

Retrouvez l’interview d’Apholia ICI

Retrouvez l’interview de The Drafts ICI

Merci à eux d’avoir pris le temps pour ce moment d’échange


Qui dit nouvelle soirée TACKT dit nouvelles découvertes, enrobées de rillons et de p’tite Maiz !

La scène s’allume à 20h30 pour accueillir The Drafts et leur rock vintage-futuriste. Si Jim Morrison avait mixé avec un des Daft Punk, il aurait accouché de The Drafts. Perfecto sur les épaules, le leader Jules Hureau arbore un style soigné et un charisme sans faille assez déconcertant. Dès le premier titre, il balance à terre sa guitare et fixe la foule bien aguerrit dès les premières notes. Ça peut sembler surfait mais ça fonctionne. La voix est grave et suave, se rappelant à une cold-wave revisitée avec des riffs à la Casbah by the Clash. Le bassiste, au-delà du solfège maitrisé, captive l’attention grâce à un jeu de jambes saccadé post-punk avec le corps replié sur lui-même et spasmes orgasmiques. Le groupe se joue des cases, tantôt rock, tantôt garage et tantôt électro appuyées par une voix modifiée bien plus Harder, Better, Faster, Stronger.

The Drafts compte ainsi un bassiste, Cédric, un batteur, Lucas, un guitariste, Alex et Jules, le guitariste-chanteur qui envoient à eux 4 une sacrée prestance. Bien que le set soit perturbé par quelques petits problèmes techniques et un chat dans la gorge, le public a su donner de la voix pour les soutenir. Les morceaux sont efficacement construits, avec des refrains précédant des couplets dissociables, sur une totalité de 3 minutes, pas plus et ça, c’est bonheur. Pas de démonstration, juste du rock éclectique et dynamique. Le set prendra un tournant avec l’arrivée d’une compo mettant en avant une boucle de riffs et une basse prédominante avec une voix légèrement rétro, mettant au diapason tous ceux présents dans la salle. La montée en puissance atteindra son apogée avec l’arrivée de l’artiste tourangeau Éphèbe pour interpréter son titre Mambo : 2 guitaristes-chanteurs, face à face qui finissent à terre dans la sueur. Le groupe a une énergie dingue, et après 45 min, il était temps de clôturer en douceur avec une reprise de Radiohead. Vocalement, c’est difficile, passer d’un baryton naturel à des envolées vocales plus aigües, c’était risqué mais assumé. The Drafts peu agacer car malgré la nonchalance et l’aplomb du chanteur, le groupe s’éclate et peu se targuer d’avoir déjà quelques titres bien accrocheurs et une aura scénique performée. La musique est généreuse, le combo est au top, le son est propre, on en oublie que The Drafts est originaire de Tours et non pas du Sussex !


Entre deux concerts et une part de tarte, le hall du Temps Machine accueillait une très jolie exposition d’œuvres de Léo Violet, graphiste de l’artwork d’Apholia, à l’univers sombre et torturé, à l’opposé de la première partie haute en couleurs et en décibels.


Vers 21h45, c’est au tour d’Apholia d’entrer en piste sur les Monty Python avec Always Look On The Bright Side Of Life. C’est bien pensé et laisse envisager une prestation construite et raffinée. Florian Piga, alia Apholia arrive sur scène accompagné de son live-band et la salle s’emballe. Le « tourangeau » a son public ! Il entame le set avec un titre puissant, somme toute basique dans la construction mais pas tant que ça si on y jette une oreille assidue. C’est un peu le ressenti de tout ce qui entoure ce projet : ça semble aussi simple que cérébral et ça fonctionne. Apholia n’est pas seulement très bon guitariste, il possède aussi une voix élastique passant de l’aérien aigüe à la voix de gorge grave, le tout sur un fil de diamant. L’artiste qui a souhaité mettre en valeur son projet solo sur scène, a également tenu à soigner le jeu de lumières. Les intros sont toutes aussi pensées, elles durent, laissent planer le doute sur la tournure à venir ou laissent tout bonnement place aux musiciens avec notamment un titre où seule la batterie domine. On apprécie la disparité entre les chansons, alternant le pêchu avec des fins plus étirées, créant une atmosphère et un ensemble cohérents. Florian n’hésite pas à invectiver le public déjà conquis et à demander de l’énergie. Il n’hésite pas non plus à mettre en avant ses amis de scène en s’éclipsant le temps d’un duo basse-batterie donnant corps au projet solo. Les soli sont présents mais pas omniprésents, tout est calibré et subtil bien qu’on attendrait parfois plus de punchy.

Apholia ravira les fans de fantasy en jouant uniquement à la guitare le thème du Seigneur des anneaux et expliquant juste avant « on se sent comme un hobbit dans un comté ». Le final est explosif, digne d’un hymne d’une armée d’orques, et intelligemment placé, après ce mid set plus lent. Apholia se joue des contrastes où les cordes peuvent autant saigner que pleurer. On ressent la joie qu’il a d’être présent sur scène et c’est vraiment plaisant. Le live band est un assemblage réussi d’individualités qui performent dans le même sens. Bien qu’accroupis à plusieurs reprises devant les têtes d’ampli pour faire vibrer un sourd brouhaha, la performance reste délicate et appréciée des chanceux présents de cette belle soirée.

Pour cette 29ème TACKT, la qualité et la complémentarité étaient au rendez-vous. The First Match, le dernier EP de The Drafts est déjà disponible et le premier album d’ApholiaSlide Projector sortira début 2020.


Merci au Temps Machine, article à retrouver avec photos ICI

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