Nostromo – 30/11/17, Paris, La Maroquinerie

Une salle pleine à craquer dans une ambiance survoltée pour Nostromo

Le vaisseau spatial Nostromo, du nom de celui dans la saga Aliens (ou de la boite de thon d’une marque Italienne), a posé ses valises à la Maroquinerie de Paris, avec pour première partie, Prométhée.

 

La Suisse regorge de pépites, autre que le chocolat et le fromage ! Nostromo originaire de Genève, est donc venu accompagné de potes de la même ville, pour ouvrir la soirée. Déjà 3 albums à leur actif, le groupe prépare le suivant et vient en tester quelques brides sur scène et ce fut une superbe découverte. Prométhée excelle dans un style plus Progressive metal hardcore / Heavy, musique soutenue mais claire, adoucit par quelques riffs moins lourds. La voix de Joshua Orsi est en opposition totale avec son petit gabarit élancé, et donne un relief hors pair à l’ensemble. La foule est attentive et se laisse convaincre, sans pour autant tomber dans l’euphorie. Ce fut une belle prestation d’environ 40 minutes, et le nouvel album sera à coup sûr à surveiller.

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Setlist Promethee, 30 novembre 2017, La Maroquinerie, Paris

Nostromo a une carrière aussi exemplaire que furtive. Formé à Genève en 1996, le combo a sorti 4 CD avec notamment l’excellent Ecce Lex salué par la critique, et son successeur acoustique, Hysteron-Proteron, aux antipodes de là où on les attendait. En 2005, le groupe splittait et chacun est parti dans son petit monde, à savoir des groupes différents et des projets solos. 9 ans de carrière, et 11 ans d’absence, voilà ce qui a poussé la plupart des initiés à se précipiter sous l’Altar du Hellfest l’été dernier, pour leur grand retour !

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Il est 21h20, la Maroquinerie affiche sold-out. Tout le monde est en place avec sa petite bière, son petit T-shirt noir, ses petits tatouages et ses petits bouchons d’oreilles. Oui oui, le Métalleux est précieux, il prend soin de lui !

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

La scène arbore un grand drap noir estampillé Nostromo, avec un crâne blanc aux dents douteuses, légèrement penché en arrière laissant les orbites bien en évidence. L’intro plonge la salle dans une atmosphère rouge aux petits sons électros, chers à Lad qui est producteur de musique électronique. Après deux bonnes minutes, la double pédale de Maik fait trembler la salle, imperturbable, il déroule et accompagne les riffs incisifs de Jérome à la guitare et de Lad à la basse. Le son est monstrueux et absolument impeccable. C’est au tour de Javier d’arriver, et malgré sa barbe, on peut apercevoir son large sourire face à l’assemblée prête à exploser et acquise dès le début à sa cause. Habillé d’un T-shirt GVA HXC (Geneva Hardocre in da place), Javier s’en donne à cœur joie en vaguant de droite à gauche sans se poser une seconde. Sa casquette volera assez rapidement mais après tout, mets toi à l’aise ! Son jeu de scène n’a rien perdu en 11 ans, le lancé-rattrapé de micro via le fil noir le reliant à la sono, en veux tu en voilà, sans parler de l’occupation spatiale totale de la scène.

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Le petit coté girly, en dehors de la gente féminine bien représentée ce soir, sera attribuée à Jéjé et sa guitare rose bonbon. Nostromo a beau s’épanouir dans les styles Metalcore, Punkhardcore, Thrash, Grindcore ………………………………….., il n’en oublie pas moins d’être raffiné et ça se ressent dans leurs compositions, les distinguant plus que d’autres groupes de cette scène (en plus d’être Suisse). En effet, le groupe peut se vanter d’avoir ouvert pour les Gojira, The Dillinger Escape Plan, Converge et Napalm Death, mais ce soir, c’est bien pour eux que la salle est présente ! Parlons en de l’ambiance ! Dingue et bon enfant ! Pogo, circle pit, slams et même un mini Wall of death, à la demande de Javier : « est ce que certains d’entre vous étaient présents au Hellfest ? Si vous vous rappelez bien, il s’est passé un truc assez dingue et j’aimerais qu’on le refasse », tout en scindant la fosse en 2 comme un Moise devant la Mer Rouge, la foule s’exécuta sans broncher. Les slameurs montent sur scène pour mieux s’élancer, tant qu’à faire, pourquoi se priver ! Et pourquoi pas se taper un p’tit « check » avec Javier avant le grand saut ? Bref, ça répond du tac au tac et le groupe, communicatif à souhait, ne se fera pas prier pour faire flamber l’étincelle latente à chaque début de titre.

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Les lumières sont parfaitement synchronisées avec les instruments, et les spots blancs saccadés sur le rythme effréné de la double pédale, permette au crane de prendre vie dans sa plus pure beauté macabre et épurée.

Musicalement, c’est carré, puissant, saturé et incisif, rien à redire. La nappe mélodieuse est en rien couverte par la grosse voix de Javier. Chaque partie peut être entendue distinctement et l’ensemble forme un groupe cohérent et formidablement violent, sans tomber dans l’outrance sans intérêt. Là est toute l’intelligence de Nostromo qui sait doser ses compositions pour toujours jouer sur le fil du rasoir. Ils mélangent les genres, eux mêmes le disent, ils ne sont pas « puristes », chaque personnalité s’exprime en « démocratie » et apporte ses idées.

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Uraeus, nouveau titre qui sera présent sur le prochain album, a reçu un superbe accueil, présageant un retour probant et sur la lignée de ce qu’ils ont pu nous offrir jusqu’ici. Les riffs sont gras mais toujours mélodieux et la voix sera tenue du début à la fin du show, dans un pep’s sans relâche, à l’image de la batterie irréprochable, réglée au millimètre. La setlist est intelligente, donnant la part belle à la fois aux anciens et récents titres. Les interludes sont travaillés, plus ou moins longues, faisant monter la pression. Ces derniers sont à l’effigie de Nostromo qui aime assouplir les contours sans faire de compromis quand il s’agit d’envoyer le son ! Le groupe fera 2 covers de Nasum et Napalm Death, avant de quitter la scène avec comme outro, Hurt de Johnny Cash. La pression est redescendue comme elle était venue : tous les petits Metalleux en sueur chantaient J.Cash, en se dirigeant vers l’autre pression… au bar.

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Nostromo a su haranguer la fosse qui, avec les centaines de headbanging, formait une mer de vagues. Ils ont renversé la Maroquinerie en seulement une petite heure de show, nous laissant sur notre faim.. on serait bien restés encore 1h ! Aucune baisse de régime, un public incroyable, un groupe enjoué et heureux d’être là, bref, la recette miracle pour une chouette soirée. Y’a pas à tortiller, il est toujours bon d’être nourri aux p’tits suisses.

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Setlist : 

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

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Nostromo, 30 novembre 2017, Paris, La Maroquinerie

Live report pour Riff On Stage. Merci à Klonosphère pour l’accréditation

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