Depeche Mode – 03/12/17, Paris, Accorhotels Arena

La suprématie Modienne au service d’une foule dévouée

6e date de ce Global Spirit Tour, j’aurais pu me contenter de faire un résumé des live report précédents…Mais ce serait une hérésie tant la soirée fût incroyable.

Depeche Mode et « Bercy » c’est tout une histoire et les Devo le savent bien. La dernière fois qu’on a pu vivre ça c’était il y a presque 4 ans, autant vous dire que les billets sont partis à une vitesse folle et que nous étions hier 20 000 privilégiés à trépigner d’impatience dans le froid.

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Affiche métro, Place d’Italie

Arrivée aux alentours de 20h, la première partie Re-Tros (la même qu’à Anvers) a déjà débuté et la salle se remplit peu à peu. L’éclectisme est toujours de mise au sein de la famille Modienne, que ce soit au niveau des âges, sexe et styles musicaux. Je ne cesserai de me répéter, mais la musique de Depeche Mode est bien plus complexe que certains ne le pensent par simple ignorance. Cette richesse dans les compositions, se retrouve dans la diversité du public se dévouant corps et âmes pour ce trio de Basildon qui, depuis 1980, n’a cessé d’instaurer une aura grandissante, sans flancher malgré les périodes plus ou moins sombres.

Vers 20h30, la tension est crescendo, une Ola tente de démarrer dans la fosse, les gens applaudissent et le volume sonore monte d’un cran lorsque les premiers rangs aperçoivent Anton Corbjin, leur créateur visuel depuis des décennies, prendre place pour shooter durant la soirée.

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Auteur : Katja/EMPICS Entertainment/ABACA

20h45, la salle est plongée dans le noir, Revolution des Beatles s’active en fond sonore et l’écran géant s’allume avec des pas de bottes se rapprochant de nous,  jusqu’à l’arrivée du groupe dans un balais solennel et rodé. La scène comporte deux étages, comme à l’époque du Devotional en 93. C’est sur cette passerelle que Dave Gahan ouvrira le show avec Going Backwards, accompagné de taches de peintures multicolores en arrière plan. La fosse est hystérique, les gradins latéraux sont debout tandis que les gradins face à la scène sont encore entre deux eaux. Je me ferai d’ailleurs engueuler pour m’être levée, mais c’est sans compter sur la fibre bestiale de Gahan et les compositions hors pair de Martin qu’après 20 minutes, aucun cul ne touchait son siège !

Comme à chaque fois, le son est tout simplement parfait. La batterie de Christian est au firmament, la boule de sa grosse caisse résonne encore dans mes os (le final de Cover Me, Walking In My Shoes, Stripped…), les petits sons si caractéristiques et si exemplaires, partie intégrante de la complexité musicale du groupe, sont tous présents et distincts de la partition de guitare pourtant bien saturée ce soir. Je ne retiendrai que 2 petits points négatifs (pour faire genre « je suis neutre dans mon article »), à savoir un petit larsen à deux reprises pendant la fin du set et la voix de Dave couverte sur A Pain That I’m Used To. Certains se plaindront du volume sonore à partir du rappel, il est vrai que j’ai toujours eu cette impression pendant la tournée, que sur les 3 derniers titres, les basses étaient poussées au maximum, mais tant que le son est clair, c’est du bonheur auditif et une jouissance inexprimable qui parcoure les sens. En dehors de ces petits problèmes, on pourra souligner le plantage de Dave, non pas sur Stripped cette fois, mais sur Precious, avec un couplet décalé voire doublé. Cela dit, ça rend le concert vivant, c’est la magie du live.

L’ambiance est juste dingue ! Il s’est passé quelque chose hier soir, le spectre du trio dans cet écrin refait à neuf flottait sur une vague de fans fous de joie. Rarement j’ai vu Bercy dégager une telle énergie. Les échanges entre le public et le groupe sont sincères, innés et intuitifs. Nul besoin de nous demander de lever les bras ou de reprendre les Hooo Hoooooo de Home ! Idem sur Enjoy The Silence reprise à l’unisson laissant un Dave Gahan pantois qui ira s’asseoir au pied de la batterie de Christian Eigner, contemplant cette masse que nul ne semble pouvoir arrêter dans son élan. Le public connait toutes les chansons, même celles issues d’Ultra et salue les titres comme It’s No Good, Barrel Of A Gun et Useless (titres les moins accessibles pour le grand public). Je pensais avoir tout vu, mais aux premières notes d’Everything Counts et son intro revisitée, la foule remontait d’un cran son euphorie, il en sera de même pour Never Let Me Down offrant un champs de blé des plus splendide, sans parler du chef d’oeuvre Walking In My Shoes magnifié par une batterie monstrueuse, un Question Of Time délirant avec des sauts dans la fosse et gradins, et un Personal Jesus à tomber par terre, point levé « Reach out touch faith ». J’apprécie toujours la version acoustique de Strangelove jouée par Martin et rythmée par le son de ses semelles de bottes claquant sur le sol. Cependant, quel dommage que sa voix soit autant couverte par celle de Peter Gordeno pendant Insight !!

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Auteur : Dave Spirit

Le groupe a beau ne pas sortir de sa zone de confort avec une setlist inchangée hormis 2-3 titres et la suppression d‘I Feel You, il réussit à transcender et haranguer des milliers de spectateurs chaque soir. On regrettera peut être le peu de titre du dernier album (3), aucun du Delta Machine. Ils savent exactement ce qu’on attend d’eux, que ce soit le dos à dos sur Precious du duo Gore/Gahan, du tournage de micro sur Question Of Time popularisé par son clip, les champs de blé scellant visuellement l’alchimie entre le groupe et les Devo, ou encore les déhanchés calibrés d’un fessier qui ne vieillit pas.

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Dave Gahan, Paris, Accorhotels Arena, 3 décembre 2017 par Wenn/ABACA

Dave Gahan fait le job sans relâche, sans surjouer ce soir. Il sent que la foule répond, il nous évitera donc le surplus de battements de bras poupoule et retrouvera une classe singulière, le charisme dans son plus simple appareil. Gilet Spencer noir & rouge, bottines diamantées et maquillage noir, il brille de par sa voix, sa gestuelle et sa façon de bouger dont lui seul a le secret, avec Mick Jagger. balancés provocateurs, tournage de micro ou bras écartés, regard sombre, sourire en coin, Dave Gahan est le plus grand des frontman à ce jour ! Le groupe a le sourire aux lèvres, hélas, on ne les verra pas beaucoup car les écrans géants de chaque côté de la scène présents pour la tournée des stades, sont absents…Incompréhension totale. Il faudra se contenter d’une alternance d’images live et de film projetés, bien que ces derniers soient travaillés (Cover Me et l’astronaute, Walking In My Shoes et le bel homme maquillée à talons, In Your Room et sa danse contemporaine d’un amour destructeur, ou encore Enjoy The Silence et sa belle basse-cour …).

Après 2h20, le groupe sonnera la glas de la messe Modienne dans un fracas lourd et puissant émanant des fûts de Christian. La communion palpable ce soir se ressentira pendant le salut final, où le groupe campera la scène plus longuement qu’à l’habitude et c’est assez rare pour le souligner, avec un Dave Gahan revenant sur le devant de l’avancée, pour saluer tel un oiseau déployant ses ailes, à l’image d’un phœnix qu’il a été. Idem pour Martin et Fletch qui iront de chaque côté de la scène principale avant que Dave exprime son éternel « See you next time ». Les dernier cris d’hystérie de la soirée seront féminins à la vue du dos de ce dernier dans les dernière secondes. Il est loin le temps où il faisait 60% d’un show torse nu…

La soirée se prolongera au Frog Beer de Bercy Village avec des fans déguisés en rois rappelant le célèbre clip d’Enjoy The Silence et…de la bière (ils devaient êtres nombreux car rien qu’autour de moi en gradins, j’en ai vu 3).


Alors oui, Depeche Mode fait partie intégrante de ma vie et de chaque instant de ma vie, et que oui la descente est toujours difficile à vivre, d’autant plus lorsqu’on assiste à une telle prestation scénique, mais une fois de plus, je peux vous assurer que Depeche Mode a tenu sa Black Revolution de la plus belle des façons, dans les antres d’un Bercy en dévotion entière et totale.

J’avais terminé mon article d’Anvers sur ces mots, je n’ai rien à ajouter, je suis encore assommée de la prestation d’hier :

Depeche Mode reste un des plus grands groupes du monde sur scène. Porté par un chanteur des plus charismatiques à la voix irriguant tout vos sens et à un compositeur exceptionnel au sourire Colgate Blancheur 48h, la magie opère car le groupe ne s’essouffle jamais. Ils savent se réinventer au fil des albums, ont su contrer leurs sombres abysses à savoir la drogue, l’alcool, le départ de Vince puis d’Alan, ranger leurs égos, pour toujours passer un cap, une étape, installant définitivement Depeche Mode au Panthéon des géants.


Setlist : 

Going Backwards
It’s No Good
Barrel of a Gun
A Pain That I’m Used To (‘Jacques Lu Cont’s remix’ version)
Useless
Precious
World in My Eyes
Cover Me
Insight (Martin)
Home (Martin)
In Your Room
Where’s the Revolution
Everything Counts
Stripped
Enjoy the Silence
Never Let Me Down Again
Strangelove (Martin)
Walking in My Shoes
A Question of Time
Personal Jesus


Retrouvez les trois autres live report de cette tournée  :


Veuillez excuser la pauvreté des photos et vidéos illustrant l’article, pour UNE fois j’ai profité et n’ai pris aucun cliché !

7 réflexions sur “Depeche Mode – 03/12/17, Paris, Accorhotels Arena

  1. Quel article époustouflant qui décrit incroyablement bien nos émotions d’ hier soir !
    Tout est dit et bien plus encore !
    Je n’avais pas remarqué la petite fausse note mais parce que tu le dis 😊
    Un grand merci pour ce magnifique tracé de la soirée.
    Sophie une fan d’environ 30 ans

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  2. Quel bel hommage j’ai revécu mon concert d’hiet soir sans les coincés de mon côté la fête a commencé à la première note avec tous les devotees en pleine forme. Quel spectacle et quel son

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  3. Tout est magnifiquement résumé, le concert était un moment de communion unique, suivit d’un after mémorable, merci au groupe et à ses fans et ces rois grâce à qui j’ai partagés ces moments juste magiques et inoubliables. Depeche Mode fait partir de ma vie depuis 1984….

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  4. Très bel article, mais un certain parti-pris… je suis fan depuis leurs débuts !
    Après les avoir savourés à Lille au début de leur tournée, je viens d’acheter un « precious » sésame pour Arras le 7 juillet prochain. j’ai hâte.

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