Depeche Mode – 12/05/17, Nice, Stade Charles Ehrmann

2h15 avec le plus grand groupe du monde !

3 ans d’attente…J’ai quitté Depeche Mode le 31 janvier 2014, à Bercy. Il y avait eu cette phrase « il n’y a rien de plus beau que nous 2 » et le sentiment d’être plus fortes que tout. La boucle était bouclée : l’histoire avait commencé sur Stripped quelques années plus tôt, devenue la bande son des ces moments perdus, s’était enflammée sur World In My Eyes, et s’est terminée sur Heaven, comme un feu qui s’éteint mais qui ne demandait qu’à revivre. Alors oui, c’est le cœur un peu lourd que je suis partie pour Nice, mais aussi dans l’espoir de renouer avec mon groupe, celui qui me porte depuis tant d’années : pain & suffering in various tempos.

PS : je mens un peu, j’ai vu Dave Gahan & Soulsavers l’année dernière, mais ce n’est pas pareil (live report à lire ICI)

4 ans depuis le dernier album, 3 ans depuis la dernière tournée. Il s’en est passé des choses depuis, mais le temps reste comme figé lorsque je me retrouve face à la scène, telle une gamine avec son sac à dos rempli de rêves. Je suis avec Marion, mon acolyte modienne depuis….purée 11 ans ! On se remémore notre premier Stade de France en 2009, nous avions 20 ans, à peine ! Nous avions dormi devant le stade, attendues des heures et des heures sous le soleil avec Noémie, Lalie et Steph. Insouciantes des problèmes que nous connaîtrons par la suite, le chemin de nos vies, propre à chacun. Et puis cette crise de larmes inexplicable au moment du See You Next Time, et puis la rencontre avec Rémi qui partagera un petit bout de ma vie. Bref, les tournées qui ont suivies se sont toujours soldées par ce bilan « qu’avons nous fait depuis, que sommes nous devenues », comme si nous attendions la renaissance à chaque nouvelle entrée de scène de Dave Gahan.

Arrive ainsi le 12 mai 2017, ma première date de la tournée Spirit tour (précédent Lille et Paris)…


Je vous passerai les détails des transports entre les bouchons sur l’autoroute, le parking à 6km, les navettes à prendre pour rejoindre le stade etc. Quoiqu’il en soit, j’étais en pelouse or, côté Martin Gore mais pas dans les premiers rangs (une première…). J’assistai à la fin de la 1ere partie un peu perplexe et attendai tranquillement 21h.

Le stade Charles Erhmann est plein à craquer, pas un nuage à l’horizon, on frétille d’impatience, bordel, on y est !


La scène a un gout de Devotional avec un niveau surelevé au dessus d’écrans. Des spots sur pieds surplombent les instruments, et une avancée de scène, comme à l’habitude, scinde la pelouse or en 2 (un peu comme Moise avec sa mer rouge…ok je m’emballe).

21h, les éclairages du stade tirent leur révérence, c’est le moment ! La foule hurle, les écrans géants s’allument et laissent apparaître les pas bottés en action de la pochette du dernier album Spirit, sur la bande son de Revolution des Beatles. Quelques minutes plus tard, les bottes sont remplacées par un écran illustrant des jets de peinture multicolores et les notes de l’excellent Going Backwards retentissent, accompagnées de l’arrivée du groupe. Dave Gahan est sur la partie sur-élevée de la scène, sublimé par cet écran lumineux multicolore : le lion est sorti de sa cage, et moi je perds une fois de plus ma dignité en laissant quelques larmes couler. Going Backwards est, je pense, la meilleure intro depuis le Devotional, tout en finesse, elle laisse planer les sonorités blues confondues aux petites touches électro : l’alchimie unique à Depeche Mode opère.

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Bordel de merde (dans le sud, tout le monde est grossier), je ne sais même plus comment décrire le monstre Gahan, ce monument de scène, ayant fêté ses 55 ans le 9 mai dernier. C’est l’homme le plus charismatique que j’ai pu voir en live (avec ok, Steven Tyler mais quand même) et le seul et unique, tout simplement. Vêtu d’une veste noire à paillettes, de son gilet costume 3 pièces, de ses bagues têtes de mort, et de ses chaussures…paillettées brillantes de mille feux, Dave Gahan assure comme jamais. Il excelle dans sa gestuelle et ses expressions du visage. Dans un regard de tueur souligné d’un crayon noir, il fixe la foule qui ne peut être qu’au garde-à-vous.  Dave assurera sans le moindre fléchissement durant 2h15, un rythme, un tempo effréné (pivotage de micro, tours sur soi-même, pelotage de cacahuètes, déhanchés en veux tu en voilà, positions suggestives etc etc etc). Plus les années passent, plus il monte en puissance, et je ne sais pas où cette carrure pourra s’arrêter car à chaque tournée, je me dis « il est au sommet » !

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Quant à Martin, il rayonne. Son sourire Colgate, ses Gretsch (dont la version étoile toujours présente), son vibrato, son vernis noir, son style décontracté pendant les petits accords plaqués, ses petites paillettes sur les bras. Bref, un Martin qui chantera 3 titres sur ce set, et ému sur Somebody.

Fletch…who’s Fletch ? Fidèle à lui même…en mode « pepouze » derrière mes claviers, je n’en fais pas de trop, si jamais je me tords un pouce. M’enfin, Fletch reste le ciment du groupe, et c’est déjà pas mal.


So Much Love succède à Going Backwards, la foule n’est pas au top du délire, et aura du mal à être en folie. Jamais vu ça. Typique au sud ??? Peu importe, je suis sur mon nuage. Le 3e titre me glacera : Barrel Of A Gun ! Purée, cette pépite de l’album Ultra, en live ! C’est rare, et pourtant elle intègre cette tournée, youhouuu. Mais finalement, ce n’est pas une chanson pour le live (où alors, pas en 3e position, lorsque le public commence à avoir chaud, surtout que Dave a décidé de retirer sa veste…je ne vous explique pas les utérus en folie ! Et les mecs également, pas insensibles au charme de Davinou. Cependant, pas assez chaud pour se mettre torse nu, vivement juillet). M’enfin, je me revois plus jeune gueuler ce refrain mythique « I’m not the one, whatever I’ve done, I’ve been staring down the barrel of a gun » (que la génération d’aujourd’hui remplacera peut être par « pull the trigger » du titre Scum qui sais-je ?)

Revenons-en au concert donc. On y retrouve A Pain That I’m Used To dans sa version remixée (comme sur la tournée précédente) et je ne m’en lasse pas, c’est un peu le seul moment où j’apprécie Peter Gordeno qui est mieux derrière une basse qu’un piano ! Suivra Corrupt (bizarre de l’avoir intégrée et à l’inverse, ne pas jouer A Question Of Time, qui elle, aurait mis le feu à la foule) puis In Your Room, qui, grâce à la profondeur des fûts de Christian Eigner, fera trembler le stade.

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Arrive un moment un peu redouté pour ma part, World In My Eyes. Ma foi, j’ai compartimenté et apprécié à sa juste valeur l’interprétation de cette très jolie composition. Il en sera de même pour Stripped que j’espérais jusqu’au dernier moment ne pas entendre…mais je n’y ai pas échappé. On chassera les démons plus tard, on compartimente une fois de plus et on plonge dans ce fabuleux titre (j’ai toujours eu un gros faible pour Stripped) qui hélas, sera un peu massacré (vidéo ICI). En effet, Dave a eu un temps de retard dès le début, et je pense, qu’en voulant rattraper le tir, Fletch s’est emmêlé les pinceaux, enfin les doigts, sur le clavier. Le groupe ne stoppera pas pour autant le morceau, qui deviendra une cacophonie pour les connaisseurs jusqu’à la dernière seconde. Dave fera une petite gueule à la fin et on le comprend…

La bonne surprise sera Cover Me. Je n’avais pas forcément accroché sur la version studio, mais en live, elle est incroyable. Disons, aérienne, préparant le terrain pour Martin Gore, histoire de redescendre un peu la pression et mieux apprécier sa partie solo. De plus, le film diffusé en arrière de scène avec un Dave Gahan en petit cosmonaute se rêvant de hauteur face à ce monde de taré, était touchant.

C’est au tour de la petite touche ML Gore avec Home…je n’en peux plus, on y a droit à chaque fois. Heureusement, Question Of Lust, second titre solo de Martin, reste une délicate petite chanson, aux paroles mélancoliques. Ce moment permet à Dave de se reposer et donc de repartir de plus bel pour la suite du set, mais surtout au public de remercier Martin pour son talent, ses créations depuis plus de 30 ans au sein de Depeche Mode. Ce groupe a le duo gagnant à savoir un compositeur de génie, et un showman inégalable (comment ? Mick Jagger, non non, je persiste, Dave Gahan !).

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L’ensemble du groupe donc, revient sur scène, je m’attends à une explosion, mais ce sera finalement au tour de Poison Heart…mouais, présent sur le dernier album, j’aurais pu m’en passer et préféré un Poorman ou Scum !!

Les 3/4 suivants du concert seront cependant d’une intensité extraordinaire, sans repos : c’est parti pour les tubes, passant de Walking In My Shoes, à I Feel You, de Enjoy The Silence à Never Let Me Down et son éternel champs de blés, de Wrong (youpiiiiiiiiiiii) à l’excellente surprise de cette tournée, pour les fans de la première heure (je n’étais pas née) : Everything Counts ! Cette dernière a d’ailleurs été rajeunie avec une intro bien différente. Dave fera durer le plaisir à la fin en faisant reprendre le refrain par le public à l’unisson et comblé.

Je reviens à Never Let Me Down…titre phare, incontournable et attendu de tous, je l’ai trouvé baclée hier soir. Le moment des champs de blé est toujours précédé d’un petit mouvement de main en l’air qui m’a semblé squizzé par la foule (mais je crois que ce n’était pas le cas dans le stade finalement, j’étais juste entouré de coincés du cul), et bien que Dave soit parti sur l’avancée de scène avec son bazooka à T shirt (oui, il a un nouveau joujou qui lance des T shirt en l’air), il n’a pas fait durer la marée humaine comme à l’habitude. Je tiens d’ailleurs à faire un focus sur cette avancée de scène : pourquoi en mettre une si ce n’est pour l’utiliser seulement 2 min sur les 2h15 ??

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Moment émotion lorsque les notes de la chanson Heroes se font entendre dans le stade. On connait l’amour inconditionnel de Dave Gahan pour son idole récemment disparue, David Bowie. L’hommage sur cette tournée était à prévoir et à la hauteur. Accompagné sur les écrans géants par un drapeau noir flottant au vent, perché sur un étendard, l’hommage est sobre, classe.

Le concert vient de dépasser les 2h, il en manque quelques unes (mais difficile de satisfaire tout le monde) comme A Question Of Time présente à chaque tournée, Behind The Wheel ec etc etc mais impossible d’échapper à Personal Jesus. C’est donc avec ce tube planétaire que le groupe clôturera la soirée. Hélas, l’intro n’a pas été travaillée comme les années précédentes, mais qu’importe, on est déjà parti loin, bien loin dans les strates d’une communion entre un groupe et son public, les devotee.


Concernant le son : une perfection absolue. Et la batterie de Christian Eigner renvoie une rythmique hors pair. 2h15 à frapper inlassablement la dizaine de fûts de sa batterie toujours assez conséquente. Je peux vous assurer qu’à la fin du show, il était rincé comme rarement j’ai pu le voir. La batterie était hier soir, le 4e membre de Depeche Mode. Une puissance, une profondeur, jouissif.

Important également à souligner : les films en arrière plan. C’est la première fois qu’à un concert de Depeche Mode, je me consacre uniquement, le temps d’une chanson entière, à regarder le film diffusé sur les écrans géants. Ces derniers sont, sur cette tournée, très soignés, racontant une histoire en rapport avec le titre (ce qui est rarement le cas d’habitude) que ce soit la danse contemporaine d’un couple sur In Your Room, Dave Gahan en astronaute sur Cover Me… mais j’avoue avoir été absorbée par le court métrage de Walking In My Shoes : histoire d’un homme qui se travesti et qui ne peut laisser indifférent face à sa beauté asexuée.

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Que dire donc pour résumer :

les + :

  • groupe en très très grande forme
  • son parfait, d’une puissance claire  et d’une profonde résonance
  • 2h15 de prestation (tout simplement dingue)
  • des animations en arrière plan magnifiques
  • la setlist (malgré quelques oublis)
  • jeux de lumières extra

les – :

  • public pas au top
  • Stripped ratée (mais finalement, ça rend le groupe humain et moins robotique)
  • une scène pas à la grandeur des stades (comme la plupart des groupes)
  • aucun titre du Delta Machine
  • mauvaise épilation de dessous de bras de Dave Gahan (c’est important)

Cette tournée s’annonce sous les plus belles esquisses que le groupe a déjà pu dépeindre. Depeche Mode continue d’impressionner, de surprendre, de donner tout ce qu’il a et de se maintenir au sommet de son art qui reste inconditionnellement le plus perceptible dans la scène.

Fort de leur nouvel album Spirit, déroutant pour certain, pépite pour d’autres, mais risqué à l’unanimité (ils se renouvellent à chaque fois), la tournée mettra tout le monde d’accord, face à l’intensité déployée hier et ce, chaque soir. Ils sont inimitables et tout simplement des monstres de scène ! Oui, Depeche Mode est le plus grand groupe du monde.

See you next time à Lille, Paris et tournée d’hiver ?

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Setlist :

01. Going Backwards
02. So Much Love
03. Barrel Of A Gun
04. A Pain That I’m Used To
05. Corrupt
06. In Your Room
07. World In My Eyes
08. Cover Me
09. Home (Martin)
10. A Question Of Lust (Martin)
11. Poison Heart
12. Where’s The Revolution
13. Wrong
14. Everything Counts
15. Stripped
16. Enjoy The Silence
17. Never Let Me Down Again

Encore

18. Somebody (Martin)
19. Walking In My Shoes
20. Heroes (Bowie-Cover)
21. I Feel You
22. Personal Jesus


Première fois en 15 ans que je me fais confisquer mon appareil photos. Veuillez donc m’excuser pour ce live report ne comprenant aucune de mes photos et je vous laisse avec mes vidéos filmées avec mon portable (le son est bon)… je me rattraperai à Lille et Paris.

Merci à depechemode.be pour les photos

Personal Jesus : 

Never Let Me Down : 

Enjoy The Silence : 

 

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