Gum Takes Tooth & Spelterini, 08/03/19 – Tours, LTM

Soirée intimiste dans les antres d’une électro expérimentale

Spelterini, tirant son nom hommage à la funambule Maria Spelterini est composé de 4 petits frenchys ex Papier Tigre et Chausse-trappe.  Sur une composition basique à savoir batterie, basse et guitares, Spelterini intrigue tant sa musique est désorientée. On assiste à un set de 35 min qui ne contient aucune rupture, créée à partir d’un seul titre aux variations plus ou moins identifiables. Dès le début de la prestation, l’absorption est totale et se terminera sur 7 minutes fougueuses. Dans un style drone-rock ou les accords plaqués contrastent avec des sonorités légères perpétuelles comme des acouphènes post apocalyptiques. Le son brut de caisse claire forme un excellent binôme avec la basse qui joue son bourdon à chaque frappe, démultipliant ainsi l’intensité qui peine à exploser. Les guitaristes sont en complète immersion avec les sons sortant de leurs machines, abusant des larsens et des vibratos torturés de haut en bas. À l’oreille, le brouhaha se disperse de temps à autre pour un écueil des plus agréable, avant de repartir sur des longueurs planantes.

Le rendu est propre et pointilleux, chapeau bas de pouvoir retrouver le tempo synchro après 10 min d’expérimentation chacun de son côté. Les impulsions de la batterie font trembler les murs et rappellent que la cheffe de file, c’est elle. Spelterini pouvait compter sur deux autres membre sur scène : les amplis. Véritables miroirs pour les guitaristes où les corps cherchaient à fusionner, aimantés par les baffs. La fin de l’«unique» titre était nettement déstructuré et sans fin, où les cris aigus des guitares sans accords, s’envolaient dans les strates d’une salle pas vraiment pleine. mais attentive. Spelterini n’a pas réussi à sortir la bête vrombissante malgré un beau pelage apparent. L’absence de micro ne permettra pas au groupe de s’exprimer. Peu importe, Spelterini, à l’image d’un funambule, laissera une tension planante et sans protection, toujours à la limite de sombrer d’un côté ou de l’autre mais saura toujours se rattraper.

Bien que la musique s’empare du groupe jusqu’à devenir incontrôlable, le public lui, reste songeur. Le voyage est réussi, Spelterini a su nous emmener dans son univers, mais il n’a jamais détaillé par quels chemins y arriver, ni garanti le résultat. À chaque concert son ressenti, brut et sans filtre !


Après une pause auditive, c’est au tour du duo londonien Gum Takes Tooth d’entrer en scène. Toujours issu de l’univers drone expérimental, le duo incorpore le chant autour d’une batterie et d’une platine avec un résultat des plus intriguant.

Allure de Thom York à casquette, le chanteur jouera des vocalises subtiles alliant aiguë et grave où la distorsion sera assumée. Tantôt l’atmosphère est lourde et pesante avec des phrasés de monstres agonisant, tantôt elle s’adoucie sans laisser retomber les sombres fréquences de robots démoniaques, gage de tension latente où le public reste hypnotisé. Les sonorités de la batterie sont étouffées avec un jeu de baguettes à l’olive feutrée frappant sur les pads électro. Pour les fans du jeu Wipeout, vous vous imaginerez conduire votre vaisseau emporté par une BO des plus ressemblantes. Bien que la batterie soit majeure, les sons agrémentés autour sont indispensables à la conception de l’univers de Gum Takes Tooth : fin, épuré, enragé. Le set sera ponctué de sons enjoués malgré tout avec notamment un titre 8 bit modernisé, à l’opposé de morceaux d’outre-tombe au tempo ralenti.

C’est barré mais maitrisé, so british !

Le batteur quittera ses futs pour rejoindre la platine exultant dans un style purement électro mais décharné, un hommage à la déchéance de Pac-man via des sons vintage futuristes s’écrasant dans les revers d’une basse dominatrice. Le set se terminera par une prestation habitée du leader, à genou, accompagné d’un rythme effréné et intensifié aux jeux de lumières arythmiques. Les premiers rangs sont en transe, les autres capturés dans un espace-temps que seul Gum Takes Tooth maitrise. Incroyable comment avec si peu, le rendu est aussi inclassable mais percutant. Le duo sait exprimer son esprit torturé sur scène, à travers des compositions déroutantes sans véritable fil conducteur mais où l’ensemble forme un méandre de sensations intéressantes. Le style Gum Takes Tooth est une belle expérience live.


Live report pour Le Temps Machine

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