Born To Burn / Dysmorphic / Drakwald – 14/12/18, Tours, Le Temps Machine

Des décibels, des cheveux, des riffs, de la testostérone à l’état brute !

La dernière soirée Metal de l’année 2018 au Temps Machine a accueilli 3 groupes dans une salle sold-out pour le meilleur et pour l’amour des grosses guitares.


Born to Burn – Metal Hardcore/Deathcore – applaudimètre 8/10

L’ouverture s’est faite avec Born To Burn qui fêtait le départ de son lead guitariste, Eric Menudet (dit Rico), à qui le public a su faire honneur avec classe.

Originaire de Tours et formé en 2013, la bande de 6 jeunes hommes a su se faire une place sur la scène locale et au-delà des frontières Tourangelles avec des dates programmées à Nantes, Paris, Rouen… Fan de Sepultura, Pantera, Biohazard, Soulfly pour ne citer qu’eux, Born To Burn dégage sur scène une énergie passionnée facilement contagieuse. Le public a sombré dans une ambiance électrique dès les premiers riffs et n’a rien lâché jusqu’à la fin, et ce pendant 35 minutes. Le groupe est d’une très grande communication, que ce soit pendant ou en dehors des titres interprétés. Ça headbang, ça saute, ça sort des blagues Kamelot et ça emmène le public dans des slams, circle pit voire un wall of death (oui oui, c’est possible même dans un espace restreint). L’ambiance est bon enfant, à l’image du groupe qui, dégageant un son de brutes, reste bisounours.

Le groupe excelle entre ligne mélodieuse et ajouts violents laissant la tendance à la retenue d’une rage décomplexée. Le chanteur alterne voix gutturale et hurlante partant dans les aiguës, là où la batterie ne cesse de s’emballer pour garder un tempo bien défini. L’ensemble est propre, dynamique et enjoué. Les riffs sont dans la pure lignée d’un Metal Hardcore où les contours abrupts sont lissés par de rares moments d’accalmie. Alors oui, comme l’a si bien dit Ted « on sait faire des rillettes à Tours » MAIS on sait aussi envoyer des décibels !

Le groupe prépare actuellement son second opus, successeur de Welcome To Reality sorti en 2016 et on l’espère, gardera sa ligne de création autant en studio que sur scène.

Et pour fêter cette fin d’année, le groupe a filmé l’intégralité de sa performance.

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Dysmorphic – Death technique/Progressif – applaudimètre 4/10

La soirée continue avec Dysmorphic qui, après Born To Burn, n’arrivera pas à garder l’ambiance au beau fixe. Public mou, un peu décontenancé et un groupe qui n’a pas la ferveur communicative dans ses veines. Originaire de Tours et Toulouse et fondé en 2008, le quintet est influencé par Kronos, Cynic, Obscura ou encore Necrophagist.

Dysmorphic peut se féliciter d’avoir été contacté en 2012 par Chris Poland (ex Megadeth) pour jouer sur le volume 17 de la compilation French- Metal et ne cesse, depuis, de peaufiner ses albums et prouver que le Death Metal Technique n’est pas uniquement tenu par les Américains.

Le groupe arrive dans une atmosphère pesante limite apocalyptique où seuls les spots rouges éclairent la scène. Le chanteur (chapeau à lui d’ailleurs qui a remplacé il y a très peu de temps l’ancien) arrive sans véritable expression, tel un Jesus les cheveux légèrement flottant devant le ventilo, avant de déterrer un mort avec sa voix grave, puissante et caverneuse. Son ombre projeté sur le drap de fond de scène formait un squelette démembré dont il était difficile d’en défaire le regard. Bien que Dysmorphic ne soit pas des plus expressifs, leur technique quant à elle est irréprochable avec des musiciens hors pair jouant du tapping et alignant les soli dans tous les sens sans véritable difficulté. Hélas, ce n’est pas tout d’être performants en tant qu’individualité, il faut former un ensemble, et j’avoue que soir la cohésion ne m’a pas frappée. Chaque musicien jouait sa partition dans un semi brouhaha brouillant l’homogénéité des morceaux. Le surplus de basses n’a pas permis d’apprécier le set à sa juste valeur certainement. Le groupe a également dû gérer un souci de caisse claire où il a fallu meubler tant bien que mal. Cependant, le dernier titre qui en valait 2 car comprenant 2 longues parties, était parfaitement réussi alliant douceur, lourdeur, rapidité, lenteur avec des lignes toutes dissociables mais formant une très belle unité, malgré quelques soucis de synchronisation avec la lead guitare. Le groupe sait être incisif et composer des titres chiadés, cependant en live, je suis restée sur ma faim. On sent que leurs compositions sont élaborées, où l’atmosphère pesante voire étouffante peut profiter à des harmoniques pensées et construites en adéquation avec l’ensemble. Le chant est irréprochable, les musiciens également, mais la magie n’a pas opéré (malgré une fin sèche sur Penis >< voir setlist)

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Drakwald – Death Metal Irlandais/Folk Metal – applaudimètre 8/10

Dernière ligne droite de la soirée avec 45 minutes d’ambiance festive où les lutins headbanguaient dans leurs chaumières ! Darkwald est un projet assez barré né à Tours (et pas en Allemagne malgré le nom) où Death Metal se lie à la cornemuse et à la flute irlandaise.

Quand on parle de Folk dans le milieu, on pense souvent aux célèbres Dropkick Murphy’s mais avec Drakwald, on explore les profondeurs d’une dystopie où l’humanité s’est repliée sur ses croyances païennes après une catastrophe écologique, le tout avec des riffs bien lourds et une voix hurlante, rapide, et légèrement aigue.

Le groupe est heureux d’être là et l’ambiance dans le public n’est qu’un juste rendu. Circle-pit, slam (bien que le même mec se rétamera 2 fois par terre), et wall of death parfaitement exécuté. La salle s’est modifiée pour leur passage, laissant plus de places aux femmes, un âge plus mur ou à l’inverse, des petits bouts de choux au premier rang avec leur casque sur les oreilles et halluciné des circle-pit. Public plus familial donc, venu soutenir leurs amis sur scène qui pourtant, n’a ménagé personne. Durant 45 min, le rythme ne retombera jamais avec un enchaînement sans faille de techniques, de belles lignes musicales pertinentes et un chant impeccable. Le groupe laisse clairement la vedette à son grand barbu joueur de cornemuse et flute irlandaise, qui rend si singulier le style dans lequel exerce Drakwald. On regrettera un début timide (problème de balance ?) sur justement les sonorités folks ne permettant pas de distinguer les petits sons irlandais sexy du reste de l’entité du groupe. Il faudra attendre le 3e morceau pour que tout rentre dans l’ordre et que Drakwald déballe la machinerie. On retiendra un chanteur/bassiste gonflé à bloc après une entrée de scène capuché tel un Adam de Behemoth, un public survitaminé et des bières de fin de concert bien méritées ! On regrettera simplement un petit manque de diversité, si vraiment on souhaite être pointilleux (et un peu chiant).

Fort de ses 2 premiers album et un passage au Hellfest cette année, ainsi qu’au Motocultor en 2015, Drakwald prépare un nouvel album où un titre inédit a pu être joué en exclusivité ce soir.

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Live report pour Le Temps Machine, merci à eux

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